Étude TIMSS 2019

La France mauvaise élève en maths : la manque de confiance en soi joue un rôle

Selon l’étude internationale Timss (Trends in Mathematics and Science Study) – une étude comparative qui mesure le niveau des connaissances scolaires des élèves de CM1 et de 4e en mathématiques et en sciences, les élèves français de CM1 obtiennent les pires résultats de l’Union européenne en mathématiques. Leur score est de 485, en dessous de la moyenne des pays de l’Union européenne (527) et de l’OCDE (529).

Le score des élèves français a ainsi encore baissé depuis les très mauvais résultats de l’enquête précédente réalisée en 2015 (488 points).

Une tendance de fond

Comme en 2015, Singapour, la Corée du Sud, le Japon, l’Angleterre, les Pays Bas, les Etats-Unis et la Finlande sont les pays qui obtiennent les scores les plus élevés au niveau CM1, avec des résultats au dessus de 527 points.

À noter, pour les élèves de niveau CM1, l’étude révèle, notamment :

  • un nombre élevé d’élèves d’un très faible niveau (15% ont obtenu un score inférieur à 400, ne prouvant pas qu’ils possèdent des connaissances élémentaire (En Europe, ils sont en moyenne seulement 6 %).
  • un faible nombre de très bons élèves (3% contre 7% dans l’OCDE) : 85% des élèves français atteignent au moins le niveau « bas », 21 % au moins le niveau « élevé », et seuls 3% ont un niveau « avancé » (score de 625) ; le nombre d’élèves « très faibles » (12% contre 8% dans l’OCDE) est par ailleurs important.
  • un écart important entre les filles et les garçons : les garçons font 13 points de mieux que les filles,
  • que les plus mauvais résultats concernent le « nombre » et la « présentation de données » ; les résultats étant moins pires en « formes géométriques et mesures ».
  • la condition sociales des élèves est un paramètre important : l’écart est fort entre les élèves issus de familles qui ont des ressources et celles qui n’en ont pas.

Les résultats de cette étude Timss viennent confirmer ceux de l’enquête réalisée en France dans le cadre du dispositif Cedre (cycle des évaluations disciplinaires réalisées sur échantillon), conduit par la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance du ministère de l’Éducation.

Cette étude française réalisée en 2019 et publiée en 2020, a révélé que les performances en mathématiques des élèves de CM2 sont en baisse alors qu’elles étaient restées stables entre 2008 et 2014. Un repli qui « concerne aussi bien les élèves à l’heure que les élèves en retard. Avec, là aussi, des écarts importants de performances selon le profil social des écoles. »

Un paramètre inattendu : la confiance en soi

Les médias français citent parmi les causes possibles (évoquées par le ministre de l’éducation) le manque de formation des enseignants, souvent des littéraires.

Le café pédagogique, un média pour les enseignants, relève pour sa part d’autres points saillants (organisation du système éducatif en terme d’inégalités, pédagogie qui pourrait être améliorée, etc.) ainsi qu’un point important, selon moi : « si le fait d’aimer les maths a un effet modéré sur le score des élèves, avoir confiance en soi en maths en a un très grand. En CM1 les élèves qui se sentent en confiance ont un score moyen de 524 et à l’inverse de 428. »

Selon moi, ce point mériterait d’être plus pointé du doigt. Les mathématiques ont la particularité d’être souvent présentées comme un discipline exigeante et compliquée. Certains enfants (et adultes aussi) perçoivent les mathématiques comme une montagne difficile à gravir et se découragent avant même d’avoir essayé, parfois juste dès qu’ils entendent le mot « mathématiques ». « Je n’y arriverais pas, je suis trop nul(le) » est une phrase souvent entendue…

Or, le manque de confiance en soi entraîne des blocages chez les enfants qui sont persuadés (même si cela est faut) que, de toute façon, les maths représentent des concepts trop difficiles à comprendre pour eux.

Se croire « nul(le) » c’est s’auto-persuader que c’est vrai. Pourquoi essayer de penser que l’on peut y arriver si on SAIT que ce ne sera pas possible…

L’attitude des enseignants et des parents est un paramètre qu’il ne faut pas négliger. Instaurer un climat bienveillant et rassurant, sans pression forte, me semble essentiel. Encourager, plutôt que punir. Ne pas stigmatiser les erreurs mais valoriser les réussites… Voici quelques pistes de réflexion.

Il convient également d’introduire également la notion de plaisir. Car le plaisir est l’un des piliers de l’apprentissage.

D’où mon approche : aborder et revoir des notions mathématiques grâce aux jeux.

J’en parle dans un autre article :

  • les enfants apprennent mieux s’ils sont détendus plutôt qu’en situation de stress,
  • Les émotions positives favorisent les apprentissages. Or, le jeu est associé à un moment-plaisir pour la majorité des enfants,
  • dans le jeu, les erreurs ne sont pas considérées comme des fautes sanctionnables, mais plutôt comme des phases normales du jeu ; il n’y a ainsi pas lieu d’être angoissé.

Par exemple, jouer peut permettre de réenchanter l’apprentissage des tables de multiplication.

Pour aller plus loin :

La note d’information de la direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) est disponible en suivant ce lien :
https://www.education.gouv.fr/timss-2019-evaluation-internationale-des-eleves-de-cm1-en-mathematiques-et-en-sciences-les-resultats-307818

L’étude Timss s’intéresse également au niveau en maths des collégiens (niveau 4e) ainsi qu’au niveau des élève en sciences. Les résultats complets de l’étude sont disponibles ici : http://www.timss.org.

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